finance comportementale

Finance comportementale : la psychologie du trader

Une branche des sciences économiques est désormais dédiée à l’étude de la finance comportementale. Celle-ci étudie comment la psychologie des acteurs des marchés financiers contribue à expliquer certaines anomalies (prix, rendements). Elle permet de dépasser le cadre théorique fondé sur le seul postulat de l’efficience des marchés et prend en compte la psychologie du trader.

Il est fréquent d’entendre au lendemain des crises financières des commentaires dénonçant le comportement « moutonnier » des investisseurs. Selon certains critiques, l’éclatement de la bulle Internet illustre de façon caractéristique le fonctionnement des marchés financiers laissé aux mains d’investisseurs déconnectés du monde réel et pour lesquels « il est préférable d’avoir tort avec tous les autres que raison tout seul ». Une grande partie des crises financières s’expliquerait par ce seul phénomène de nature psychologique.

Si de tels commentaires sont sans doute exagérés, il est important de comprendre que le fonctionnement des marchés financiers est loin de reposer sur des facteurs purement rationnels et objectifs. Même si une part grandissante des échanges se fait désormais par l’intermédiaire d’algorithmes complexes traités par des ordinateurs aux capacités gigantesques(trading haute fréquence), les décisions d’investissements reposent en grande partie sur des humains. C’est là que le facteur psychologique entre en jeu (on pense évidemment à la question des modalités de gestion du risque) et c’est là que l’on s’écarte parfois de façon conséquente du modèle théorique d’évolution des marchés financiers.

Depuis les comportements micro relatifs à la psychologie individuelle jusqu’à l’étude des mouvements macro (bulles), les travaux de la finance comportementale permettront sans doute d’ici peu de tracer le portrait psychologique du trader. A ce stade, ces travaux n’en sont qu’à leur début. Il est néanmoins possibles de s’en inspirer pour mieux comprendre les décisions d’investissement des traders et s’en inspirer pour agir plus efficacement.

Il faut comprendre tout d’abord que l’approche retenue par la finance comportementale repose sur les différents travers de raisonnement, appelés biais cognitifs. C’est en prenant en compte ces biais que l’on pourra améliorer son trading. Un exemple simple qui parlera sûrement aux débutants : face à une perte, il est fréquent de maintenir sa position selon l’adage « pas vendu, pas perdu » dans l’espoir d’un gain futur. Inversement en marché haussier, la tendance consiste à solder rapidement sa position par crainte d’une perte future. De telles décisions ne reposent pas sur des choix rationnels. Elles peuvent s’avérer néfastes au développement d’une carrière de trader.

Les connaître permet d’anticiper son comportement et celui des concurrents afin de rendre les décisions plus efficaces.

Les biais cognitifs, émotionnels, les automatismes et les prophéties auto-réalisatrices contribuent à la marche des marchés financiers. Les comprendre et les intégrer constituent un avantage comparatif certain pour le trader.